La mémoire dans la peau

Les vulcains sont des soldats démoniaques venus de l'aube des Temps. Aujourd’hui, seuls une poignée d’individus savent encore comment les invoquer et les contrôler. Suivez un vulcain alors qu'il garde les Bois-Eternels au nom de ses maîtres adorateurs de Lok, et vous comprendrez la difficulté qu’est de s’en souvenir.


Je peine à marcher. En avant, en arrière, la tête basse, les cornes en avant. Des arbres, de la route, des rochers. Toujours la même chose.

Ce sont les plus cruels qui m’ont envoyé ici. Il me disent quand marcher, quand m’arrêter. Il sentent… Bon. Quelques fois j’ai envie de les briser. De les dévorer. Mais je n’en ai pas le droit.
Donc, je piétine. Comme hier. Et avant-hier ? J’essaie de m’en souvenir mais… C’est comme essayer de scruter quelque chose dans le brouillard.

Deux silhouettes sur la route, devant. Une avec une armure et une lance pointue. L’autre avec des habits bizarres. Ils n’ont pas l’air cruels. Ils ont l’air plus vifs. Il y a du sang sur eux. Le leur, et celui de ceux qui sont cruels.

Ils courent vers moi, et la lance pointue se planta dans mon flanc. Arrrgggh ! Un coup avec mon bras, et le type en armure s’envola. Ensuite, celui avec les habits étranges a essayé de m’enflammer.

En brûlant, mes veines virèrent au rouge, et j’ai commencé à me souvenir.

Je me souviens pourquoi on m’appelle juggernaut… Parce que j’écrase les faibles sous mes pieds ferrés ! Un pas, et celui en armure vacille (Et il ne se relèvera pas de si tôt cette fois). Il y a un siècle, j’ai rasé entièrement la ville de Bel-Shaddar ! Deux simples mortels face à moi, ils ne peuvent me défier !

Tu m’a lancé des flammes, sorcier ? Moi qui ai incinéré les puissantes tours des géants, moi qui ai laissé mes traces d’océan en océan ? Je ris de ta magie tiède, et ensuite je t’envoie une boule de feu de ma création pour te montrer ce que c’est. C’est cela, mortel. Tes robes ne sont pas si belles quand elle sont en flammes, hein ?

Le lancier est de retour, se protégeant derrière son bouclier. Tu veux mon attention ? Bien, humain, tu l’auras. J’ai déjà fait face à ton peuple auparavant. Durant le massacre de Theleb, les plus forts d’entre vous poussaient les faibles devant moi pour me ralentir. Futile !

Une charge du lancier, mais je bondis sur son côté. Oui, humain, je suis plus rapide que j’en ai l’air. Et ce bond me rapproche de ton ami sorcier brûlé mais vivant. Un coup de poing, et il ne respire plus. J’ai appris la magie noire auprès des dieux, mortel. Pensais-tu vraiment que tes sorts pourraient me blesser ?

Le lancier charge à nouveau, et sa lance s’enfonçe profondément dans mon ventre. C’en est fini ! Je prends sa lance, la retire d’un coup sec, la casse en deux et l’envoi en l’air. Ensuite, j’attrape l’humain et fais la même chose : casser en deux, envoyer en l’air.

Plus personne à combattre ! Peut-être que ces cruels, ces Lokians, m’amèneront un défi plus intéressant.

Je les enjambe…

Et à nouveau, je piétine. En avant, en arrière, la tête basse, les cornes en avant. Des arbres, de la route, des rochers. Une lance cassée plantée dans le sol. C’est nouveau ça ?

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La naissance d'un lancier

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Evaluation détaillée de Tera: The Exiled Realm of Arborea
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