Un jour dans la vie de : Gernakul, le dracoloth

Beaucoup de raisons poussent à avoir peur des dracoloths. Leur taille, leur force et leur souffle de feu (hérité de leurs ancêtres draconiens) en sont de bonnes. Mais les dracoloths sont insensibles, capricieux et égoïstes à l’extrême. Et ils sont aussi très, très intelligents.

« Un partenariat qui en vaut la peine » pensa Volorius en voyant Gernakul arracher la jambe d’un baraka encore fumant.
Gernakul gloussa, montrant ses dents de la taille d’un pied. « Si tu sous-entends que tu fais des travaux manuels pendant que je me repose en mangeant un morceau, je dois bien l’avouer ! »

Volorius sourit sans en rire pour autant. « Content que tu le voies comme ça » marmonna-t-il, en rattachant son bâton à son harnais tout en soupesant une hache. « J’ai entendu dire que tu étais un peu… » Fainéant, pensait-il « …un partenaire difficile » conclua-t-il.
Gernakul releva la tête et se tourna vers le soldat Devan. « Aaah, le tact Devan. » dit-il dans un semblant de ronronnement. Gernakul ramassa une jambe avec sa langue et en broya les os bruyamment.


En fait, le commandant de Volorius dans l’Atel Akaadhad définissait les dracoloth comme « des créatures paresseuses qui préfèrent intimider les faibles que combattre les forts ». Il apprit par de plus anciens soldats de sa compagnie que ces monstres ailés étaient très têtus, malgré leur force considérable, totalement désintéressés mais voulaient la plus belle des récompenses au moindre effort fourni.

« Les Devans sont toujours polis envers les mercenaires de confiance qui ne se mêlent pas dans les affaires des autres » répondit Volorius en plantant sa lame dans le sol foulé de toutes parts.
Les yeux de Gernakul s’élargirent, et il leva la tête fièrement au dessus de son cou sinueux. « Que c’est blessant de penser que je serais intéressé par tes fouineries dans la boue ! » La grande bête ria, des ronds de fumée sortaient de ses naseaux.

C’était risqué de compter sur un dracoloth, mais les récompenses potentielles étaient énormes. L’artefact qu’il cherchait, une arme Devan perdue depuis la Guerre Divine, se terrait loin derrière les lignes ennemies, sous une base de la Fédération. Le commandant avait son plan pour l’extraire, mais avait autorisé Volorius à faire comme il l’entendait.

Et c’est ainsi que Volorius trouva Gernakul, le paya une somme princière, et vola avec lui jusqu’au camp. L’assaut du dracoloth était impressionnant ; il plongea du ciel et s’écrasa au centre du camp comme un poing immense, renversant les soldats de la Fédération comme des poupées. Pendant que Volorius tuait les fuyards, Gernakul fouettait l'air avec sa queue, empalant un officier et l’envoyant se pendre à un arbre comme un fruit sanglant.

Un sorcier castanic du Mysterium gesticulait, et un trait de feu traversa le dos de Gernakul. Pendant un long moment, le silence régna. Le castanic souriait. Puis un coup de vent fit partir la fumée, et l’on vit Gernakul élever son corps massif dans les airs, ouvrir ses mâchoires et souffler un torrent de flammes. Quand les flammes s’éteignirent, il n’y avait plus rien du sorcier.



Gernakul tomba littéralement sur les troupes restantes qui tentaient de s’enfuir, ce qui en renversa certains, et démembra d’autres, et il en harponna un avec ses griffes et un autre sur ses cornes. Il en attrapa un au vol et le découpa en deux d’un coup de mâchoire. La bataille se termina rapidement.

« Etant ton mercenaire de confiance ,» suggérait Gernakul, « je resterais sur mes gardes au cas où d’autres éclaireurs ou patrouilles viendraient ! » Volorius acquiesça et continua de creuser. Gernakul rôdait autour des tentes de la fédération, toujours en train de mâchouiller sa jambe de baraka.

Volorius était surpris par la stratégie de la bête. Gernakul faisait le guet toutes les nuits et maintenant il pensait aux troupes qui pourraient venir. Mais la bataille était terminée, et Volorius n’avait plus que de la terre entre lui et la gloire qui l’attendait. Une fois que le dracoloth s’est arrêté de marcher, Volorius regarda dans ses poches . Une puissante bombe empoisonnée était prête à être lancée, et il avait un parchemin de téléportation dans sa tunique, pour le ramener instantanément chez lui. Volorius souriait. Peut-être que le dracoloth était vraiment fidèle. Peut-être qu’il attendait juste sa chance. Tant pis ; Mieux valait ne pas faire de prédiction.

Volorius venait de découvrir l’artefact, quand la tente à côté de lui explosa. Un cri perçant se mêla à un rugissement de dracoloth et au claquement de grandes mâchoires. La tente s’effondra lorsque le dracoloth marcha dessus. Gernakul s’approcha très près de Volorius et ouvrit sa gueule.

« Oo j’ai que’que cho’e ent’e mes’ents ? » gargouillait le monstre. Entre ses immenses dents, une paire d’yeux effrayés de poporis le regarda pendant un moment. Gernakul sourit, puis il fit bouger sa grande gorge et les yeux disparurent.
« C’est donc l’objet de tout mon travail harassant, n’est-ce pas ? » dit-il, inclinant sa tête au dessus de l’artefact.

Volorius serra les dents avant de parler. « Oui. Maintenant, si tu as fini de jouer, tu peux faire un dernier tour dans le périmètre pendant que je prépare de quoi transporter ça histoire qu’on parte ? » Mais bien sur, je ne partirai pas de la même manière que toi, pensait-il.
Gernakul leva sa tête. « Non, je ne pense pas » dit-il d’une voix traînarde.
Volorius en avait le souffle coupé. « Je ne peux pas te payer avant qu’on soit rentrés » dit le Devan aussi calmement que possible.

« Oh mais si tu le peux. » grommela le dracoloth. La main de Volorius vola dans sa poche pour sortir le parchemin de téléportation. Et quand le dracoloth vit les doigts du Devan se glisser dedans, un grand pied s’écrasa sur lui, l’enterrant dans le sol déchiré.



Bien que la douleur dans sa colonne vertébrale fut intense, Volorius réussit à tourner la tête pour faire face aux grands yeux du dracoloth. « Idiot ! » siffla-t-il, sentant ses côtes broyées. « L’artefact n’est pas pour toi ! Tu ne peux pas- »
« Tu oses me dire ce que je dois faire ? » Le dracoloth rugit. « Tu m’appelles un monstre ? » D’un petit coup, sa grande corne ouvrit la poche contenant le parchemin. « Je n’ai pas besoin des pièges de ta faible civilisation, tu en conclus donc que je ne sais pas lire ? »

De la salive brûlante éclaboussait Volorius. Toutes ces nuits où tu es allé faire le guet, pensait-il. Il sentait le sang couler sur son visage, grattait désespérément avec sa main libre en espérant trouver la grenade, et vit une grande griffe arracher son bras.
Volorius murmura : « T-tu as dit que tu ne voulais pas… »

Et Gernakul lui chuchota « Je n’ai jamais dit ne pas le vouloir. Juste que je ne voulais pas creuser pour l’avoir ! »

Les derniers bruits qu’entendit Volorius furent des rires moqueurs, il agonisait.

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